Promenons-nous dans le bois…

Publié le 2 janvier 2015

Si familier, et pourtant plein de secrets ! Le bois de Cergy – parfait exemple de cohabitation réussie entre ville et nature – cache une histoire mouvementée.

Si les Cergypontains peuvent aujourd’hui se promener dans le bois de Cergy, ils le doivent au… phylloxera. Ce puceron, qui ravagea les vignes de toute l’Europe dans la deuxième moitié du 19e siècle, a précipité l’abandon de la viticulture dans la boucle de l’Oise. Mais, une fois la vigne abandonnée, ces terres sableuses et argileuses ne conviennent pas à d’autres cultures. Elles sont progressivement envahies par des arbres, essentiellement des robiniers (ou faux acacias) et des chênes.

Des naturistes aux militaires
Mais l’histoire du bois de Cergy est en réalité bien plus ancienne. Il y a 65 millions d’années, toute la région était recouverte par une mer tropicale, qui s’étendait jusqu’aux emplacements actuels de Fontainebleau et d’Étampes. À l’époque, Cergy est sans doute une plage… Plus tard – il y a deux millions d’années –, le bois de Cergy se trouve au confluent de l’Oise et de la Seine. C’est alors un peu le Conflans-Sainte-Honorine de l’époque ! Très lointaine, cette histoire a pourtant laissé de nombreuses traces dans le sous-sol du bois. Des fouilles menées dès 1876 sur le site de la Ballastière et poursuivies jusqu’en 1969, ont mis à jour la trace des hommes du Paléolithique : outils de pierre taillée, lames, burins, pierres polies… Plus près de nous – dans les années 1930 –, la propriété de la Ballastière est rachetée par un club naturiste parisien. L’endroit est isolé et donc propice à une communion avec la nature. Après les naturistes, on y trouve plutôt des… militaires, qui utilisent le bois comme terrain de manœuvre.

Juju est arrivé…
Lorsque la ville nouvelle s’installe au début des années 1970, le premier quartier à sortir de terre est celui de Cergy Sud. Il jouxte le bois, ce qui lui vaut rapidement le nom de l’Orée du bois. Le terme est poétique, mais le bois est alors en piteux état. Il sert en partie de décharge et on y trouve nombre de carcasses de voitures. Un temps, il est même envisagé de le raser. Mais Bernard Hirsch, le directeur de l’Établissement public d’aménagement (EPA) de la ville nouvelle, décide finalement de le sauver. Intervient alors un homme providentiel : Dominique Juglar, le paysagiste de la ville nouvelle. Il restaure et aménage le bois. On lui doit bien sur la « Butte à Juju » – ainsi nommée familièrement en son honneur et réalisée avec les déblais des chantiers de l’autoroute A15 et de la préfecture –, mais aussi la plaine de jeux ou l’alignement des tilleuls sur le chemin de Chasse-marée. Aujourd’hui, le bois de Cergy est la propriété de l’agglomération, qui en assure l’entretien.