Lucile Skrzypczak – L’humain au centre

Publié le 30 mars 2016

Lucile Skrzypczak s‘est attelée au défi de préparer en six mois la création d’une ressourcerie-recyclerie à Cergy-Pontoise. Elle remettra pour l’été son projet social et solidaire aux associations commanditaires, Espérer 95 et Sauvegarde du Val d’Oise.

Elle le dit elle-même, « C’est peut-être un peu fou ». Car Lucile Skrzypczak, 35 ans, a troqué son poste de chargée de mission en CDI dans une importante association d’insertion contre un CDD de six mois. Depuis janvier, elle planche sur l’éventuelle création d’une recyclerie-ressourcerie.

La mission lui a été confiée par deux associations cergypontaines, Espérer 95 et Sauvegarde du Val d’Oise. Ces acteurs importants de l’action sociale sont  particulièrement actifs dans les domaines de l’hébergement social, de la prévention spécialisée et de l’insertion. Le projet rassemble aussi la communauté Emmaüs et le Maillon, associations également connues localement.

« Emmaüs et Le Maillon ont déjà une grosse activité de collecte et de vente d’objets de seconde main mais sans valorisation ou remise en état de ces mêmes objets » explique la spécialiste. La ressourcerie-recyclerie, permettrait précisément de donner une seconde vie aux objets : l’établissement se positionnerait sur un créneau précis, par exemple la création de vêtements et accessoires avec les textiles récupérés et la réactualisation et customisation de meubles, très prisées actuellement par le public.

Lucile Skrzypczak sait déjà que le territoire pourrait fournir le gisement d’objets nécessaire. Les exemples ne sont cependant pas légion : aucune ressourcerie n’existe aujourd’hui dans le Val d’Oise. Pour préparer les hypothèses d’implantation, la chargée de mission retient comme ordre de grandeur une surface de 1000 mètres carrés.

emplois d’insertion
Inspirée par l’économie circulaire, la ressourcerie-recyclerie serait aussi et avant tout une unité d’économie sociale et solidaire. Pour cela, le projet peut compter sur le savoir-faire et l’engagement de Lucile qui, pendant près de 10 ans dans son job précédent, créait puis gérait des chantiers d’insertion. « C’est la plus-value sociale autant qu’environnementale qui me motive, depuis mes années de fac ». Car la jeune femme s’est intéressée au concept de ressourcerie pour sa capacité à créer des emplois localement. « Je veux essayer de réaliser des projets qui ont du sens pour les habitants et j’ai besoin de mettre l’homme au cœur des projets, de créer du lien, même si le modèle économique doit tenir la route ».

Pour preuve, elle a déjà peaufiné la dimension insertion professionnelle de la ressourcerie, axé en particulier sur un public féminin et intégrant des formations pré qualifiantes pour construire de vrais parcours d’insertion aux futurs employés. « Que la ressourcerie ne soit qu’une étape dans l’accès à l’emploi ».

Le projet de ressourcerie-recyclerie pourrait voir le jour en 2017.