Les libellules, princesses de l’eau, maîtresses de l’air

Publié le 23 juillet 2019

Cergy-Pontoise compte de nombreuses espèces de libellules et de demoiselles. Partez à leur rencontre cet été au bord de l’eau. Vous découvrirez d’étonnantes petites bêtes.

calopteris splendens © CACP
calopteris splendens © CACP

Les libellules et leurs petites sœurs les demoiselles appartiennent à l’ordre des Odonates. Avec 59 espèces recensées en Ile-de-France, elles constituent une petite communauté dans le vaste monde des insectes.

L’eau au coeur du cycle de vie

Leur cycle de vie est intimement lié au milieu aquatique puisque ces insectes passent l’essentiel de leur vie dans l’eau sous forme larvaire. Avant l’étape critique de la sortie des eaux et du passage à une vie d’adulte aérienne – on parle alors d’émergence – la larve aquatique subira en moyenne une douzaine de métamorphoses. La phase aquatique est la plus longue de la vie d’une libellule, de quelques mois à 4-5 ans selon les espèces et le contexte. La vie de l’adulte prend fin avec les premiers frimas. Sa vie aérienne n’aura duré que quelques semaines, le temps d’une saison d’amour frénétique avec pour unique finalité la continuité de l’espèce. Après l’accouplement, les œufs sont pondus directement dans l’eau ou déposés dans les végétaux aquatiques et rivulaires.

Deux groupes distincts

On différencie aisément chez les Odonates deux grands groupes :

  • Les demoiselles ou zygoptères, qui ont l’apparence de fines allumettes volantes. Leurs ailes sont jointes sur le dos au repos. Leurs yeux ne se touchent pas.
  • Les libellules vraies ou anisoptères, qui regroupent les grandes « libellules » au vol puissant. Elles sont plus trapues que les demoiselles et la forme des ailes antérieures et postérieures est dissemblable. Lorsqu’elles sont posées, leurs ailes sont positionnées à l’horizontale ou vers l’avant.

De redoutables prédateurs

Adultes et larves sont des carnivores voraces qui se livrent parfois au cannibalisme. Ces implacables tueuses ont déployées un arsenal spécifique pour la chasse et la capture. Leurs yeux développés permettent le repérage des proies. La larve possède un organe préhensible particulièrement efficace munis de crochets  (le masque, situé sur le devant de la tête). Les adultes capturent leurs proies avec leurs pattes épineuses. Ils disposent aussi de mandibules acérées, d’une tête amovible capable de pivoter complétement autour de son axe assurant ainsi une vision panoramique. Leur prouesse aérienne est aussi un atout incontestable : vol à reculons, vol sur place, accélération jusque 7G pour l’anax empereur…

Des couples au rituel singulier

Chez les Odonates, les deux partenaires s’unissent en formant « un cœur copulatoire », posture d’accouplement unique dans le règne animal pendant laquelle la femelle courbe son abdomen vers l’avant pour aller chercher la semence du mâle, située sur la face ventrale de l’abdomen de ce dernier.

Pour en savoir plus sur les libellules et découvrir la richesse de la biodiversité à Cergy-Pontoise, rendez-vous sur le blog nature de Cergy-Pontoise

En
images

Libellules et
demoiselles

L’aeshne mixte (parc du château de Menucourt). Deux bandes jaunes caractéristiques sont présentent sur les côtés de son thorax brun.

L’anax empereur (Saint-Ouen L’Aumône). Cette femelle pond ses œufs dans les débris végétaux.

Le caloptérix éclatant (bords d’Oise, Maurecourt). Une bande bleue-nuit opacifie ses ailes mais seule une moitié de celle-ci est colorée et l’extrémité reste transparente.

Le caloptérix éclatant (bords d’Oise, Maurecourt). L’indépendance des ailes antérieures et postérieures, insérées séparément sur le thorax, donne aux Odonates une grande habileté au vol.

L’agrion porte-coupe (Ile de loisirs, Cergy). Pour l’accouplement, le mâle attrape la femelle derrière la tête à l’aide d’appendices spécifiques à chaque espèce et situés à l’extrémité de son abdomen.

Le leste vert (parc du château de Menucourt). Ses ptérostigmas, grandes cellules colorées situées à l’extrémité de chaque aile, sont de couleur crème et cerclés de noir.

La libellule déprimée (Les grands jardins, Courdimanche). L’abdomen bleu du mâle est marqué par des tâches circulaires jaunes sur les côtés.

Touffes de jonc (par François Mitterrand, Cergy). La densité de la végétation autour d’une mare est favorable à la présence des libellules.

L’agrion à larges pattes (bord d’Oise, Maurecourt). Les tibias de cette demoiselle sont fortement élargis et présentent une ligne noire longitudinale continue.

La petite nymphe au corps de feu (Vauréal). Cette jolie demoiselle rouge a les pattes noires. Les bandes noires sur son thorax sont nettement délimitées.

Emergence d’un sympétrum (parc François Mitterrand, Cergy). Lors de la dernière mue la larve aquatique grimpe sur un support. Après s’être extrait de son enveloppe, l’insecte se déplie lentement et sèche au soleil.

Le sympétrum rouge sang (parc du château de Menucourt). Cette position d’accouplement caractéristique des libellules est appelé le « cœur copulatoire ».

Le sympétrum rouge sang (mare de l’Hautil). Ses pattes sont entièrement noires, sa tête et son thorax sont rouge sombre et son abdomen en forme de massue.

Le sympétrum rouge sang (mares de l’Hautil). Parmi les Insectes, les odonates ont les yeux les plus grands et les plus développés. En surface chaque œil se compose de milliers d’ommatidies.